Lycée Emile Littré
Boulevard Pasteur, 50300 Avranches

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Voyage d’étude au camp d’Auschwitz - Mercredi 23 Janvier 2013

mardi 5 février 2013, par Emmanuelle NAUDI-MEUDEC, Jean-Pierre POIRIER.

Les élèves de Terminale L ont rencontré Estelle Rosenthal et décidé de faire de son histoire et de celle de sa famille le fil conducteur de ce projet pédagogique.

Estelle n’avait que quelques semaines lorsque ses parents et son grand frère sont arrêtés en juillet 1942 et déportés au camp d’Auschwitz. Cachée par un couple de paysans des environs, élevés depuis au rang de Justes parmi les Nations, elle est la seule survivante de sa famille. Elle a fréquenté le lycée Littré dans sa jeunesse.

Dans le cadre de leur projet, les élèves sont en train de réaliser une bande dessinée sur la vie des deux enfants Rosenthal et aimeraient pouvoir inaugurer dans notre établissement une plaque commémorative évoquant le passage d’Estelle et le rendez-vous manqué de son frère Jacques avec le lycée Littré.

Grâce à la région Basse-Normandie et au Mémorial de la Shoah, six établissements ont pu partir en Pologne visiter le site d’Auschwitz-II Birkenau et le site d’Auschwitz-I et son musée. Le complexe d’Auschwitz rassemble un centre d’extermination et un camp de concentration, il occupe une zone de 192 hectares.

Le début de notre périple commence le mercredi matin très très tôt, Rendez-vous est pris avec le bus à 3h30 du matin au lycée pour arriver à l’aéroport de Caen-Carpiquet pour 5h. Tous les élèves sont bien là ainsi qu’Estelle Rosenthal et le collègue d’histoire-géographie Frédéric Frémy, porteur du projet pédagogique.
A 7 h nous sommes montés dans l’avion spécialement affrété par la région et par le Mémorial.

Après deux heures d’avion, nous sommes arrivés à Cracovie, sous la neige. Après une nouvelle heure de bus, nous sommes arrivés sur le site d’Auschwitz recouvert par la neige. Des guides polonais francophones nous attendent à la Judenrampe. La voie ferrée a été reconstituée, et deux wagons historiques installés. C’est là que les déportés arrivaient et descendaient directement des wagons sur la voie.

Il fait très froid, nous sommes tous emmitouflés dans nos bonnets pour écouter la guide nous décrire l’arrivée des déportés juifs, les sélections effectuées par les nazis, les convois vers les chambres à gaz et les crématoires. Dans ce site gigantesque, entouré de miradors et de barbelés, nous découvrons l’organisation nazie conçue pour annihiler tout un peuple.
Après un pique-nique très rapide dans le bus, nous nous engageons sous le célèbre porche « Arbeit macht frei » (« le travail rend libre »). Cette inscription en fer forgé de 5 m de long a été fabriquée par des détenus polonais en 1940.

Nous découvrons dans les blocks toute l’horreur de ce génocide : des expositions de photos des familles juives disparues, les preuves matérielles des crimes : lunettes, prothèses, accessoires de la vie quotidienne, valises, paniers, vêtements, chaussures. Nous découvrons aussi les preuves de l’exploitation des corps : cheveux, tissus réalisés à partir de ces cheveux. Notre guide nous explique la justice sommaire des nazis ; au rez de chaussée du block 11, la salle de tribunal pénal, les salles où les détenus attendaient leur exécution, au sous-sol, se trouvent les cellules de la prison, certaines ressemblent à des oubliettes, les détenus condamnés à mort étaient fusillés devant un mur au fond d’une cour entre deux blocks.

Nous finissons par la visite d’une des premières chambres à gaz et du crématoire situé à l’entrée. Comme cette installation était trop visible et trop petite, les nazis à partir de 1942 ont procédé à l’assassinat de masse sur le site de Birkenau où se situent les grands crématoires.

Toujours sous la neige, nous repartons vers Cracovie où notre avion décolle vers 21h, nous arrivons à Caen-Carpiquet vers 23h et sommes au lycée vers 00h30.
Le vendredi, on se retrouve avec Estelle, avec le scénariste Jean-Blaise Djian et le dessinateur Sébastien Corbet pour avancer notre BD sur la vie d’Estelle, le bébé caché d’Avranches.

Emmanuelle Naudi-Meudec, professeur-documentaliste