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Lycéens au Cinéma 2018 / 2019

mardi 19 juin 2018, par Emmanuelle NAUDI-MEUDEC.

Lycéens au cinéma a pour vocation d’éveiller la curiosité des élèves à l’égard d’œuvres marquantes, de leur permettre d’enrichir leur culture cinématographique et de développer chez eux une approche critique du cinéma. Découverte d’un cinéma inventif et varié en salle de cinéma, prolongements pédagogiques en classe et rencontres avec des professionnels constituent le programme de ce ce dispositif national d’éducation à l’Image.
En Normandie, l’opération est coordonnée par le Café des Images dans l’Académie de Caen.

Modalités de fonctionnement :

Chaque enseignant participant s’engage sur les points suivants :

-Les élèves assistent à une projection par trimestre organisée sur le temps scolaire.
- Ces séances doivent être préparées et donner lieu à un travail d’exploitation en classe.
- Le prix de chaque séance est de 2,50 euros par élève.
- Un enseignant-relais (Mme Naudi-Meudec), désigné dans chaque établissement, est l’interlocuteur de la coordination régionale et du cinéma partenaire : il diffuse l’information dans son établissement et prend contact avec la salle pour définir les dates de séances.


PREMIER TRIMESTRE :


Psychose - De Alfred Hitchcock
Etats-Unis – 1960 – 1h49
Présentation du film :

Phoenix, Arizona. Marion Crane, une employée modèle, vole 40 000 dollars à son patron pour permettre à son amant, Sam Loomis, d’éponger ses dettes. Elle s’enfuit en voiture dans l’intention de le rejoindre. Sur le chemin, elle descend dans un motel isolé, où l’accueille le jeune et timide patron, Norman Bates. Alors que Marion prend une douche, une silhouette armée d’un couteau s’approche d’elle et l’agresse. Alerté de sa disparition par la sœur de Marion, Sam décide de mener l’enquête.

Même après cent rediffusions, les coups de couteau dans le rideau de douche, dramatique rupture de ton, surprennent toujours. D’un délit mineur au meurtre et à la folie, le réel devient perméable au monstrueux. Hitchcock expliquait à François Truffaut : « Je dirigeais le public, je jouais du public comme d’un orgue. » Sous ses doigts, la partition du film suit, crescendo, l’angoisse du spectateur. Elément central de cette danse macabre, celui-ci se trouve condamné à jouer le double jeu du témoin, complice et victime. La maison Bates recèle un secret d’autant plus redoutable qu’il devient le nôtre. Le génie de Hitchcock est d’avoir fait de Psychose le chef-d’oeuvre de ses spectateurs.
Cécile Mury, Télérama

DEUXIEME TRIMESTRE :

Oss 117, Le Caire nid d’espions - De Michel Hazanavicius
France – 2006 – 1h39

Présentation du film :

Égypte, 1955, le Caire est un véritable nid d’espions.
Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du Roi déchu Farouk qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, secte religieuse qui veut prendre le pouvoir. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l’ordre dans cette pétaudière au bord du chaos : Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117.

Ancré dans le contexte historique des années 1950 mais aussi dans l’inconscient collectif du début du XXIe siècle, le personnage remercie les autochtones en leur distribuant des portraits du président René Coty. Avec un art consommé de l’imitation, et une dextérité du contre-pied directement issue d’une pratique intensive du dialogue et de la réplique télévisuelle, Jean Dujardin leur donne une tournure particulièrement cocasse. Le film multiplie les références aux anciens OSS 117 bien sûr, mais plus généralement aux films d’espionnage des années 1950, à Hitchcock ainsi qu’à James Bond. Bondissant constamment d’un niveau de distanciation à un autre, le film se renouvelle en déjouant habilement les attentes du spectateur. Toute sa réussite tient à la manière dont son sujet et le traitement qui en est fait permettent d’exploiter les situations comiques jusqu’à la corde sans jamais les user. C’est le secret des grandes comédies.
Isabelle Régnier, Le Monde

TROISIEME TRIMESTRE
AU CHOIX :


Rêves d’or - De Diego Quemada-Diez
Mexique – 2013 – 1h53
Présentation du film

Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indien du Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux.Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité.

On y suit trois adolescents qui, partis du Guatemala, espèrent aller jusqu’à Los Angeles, en marchant à n’en plus finir, en s’embarquant sur des trains de marchandises. Deux garçons et une fille auxquels on s’attache vite. Ils ne sont jamais les porte-parole d’une réalité économique, qui semble, d’ailleurs, les laisser indifférents, même si elle les jette sur les routes. C’est leur jeunesse qui est montrée, une légèreté qui les accompagne quand ils s’amusent à marcher sur les rails comme des équilibristes sur une corde. Le monde s’ouvre à eux et semble presque donner raison à leur projet : trouver, enfin, une vie de rêve. À cet élan magnifique, le réalisateur confronte une réalité dont la dureté s’affirme inexorablement. Au cœur de paysages écrasants, la solitude et la fragilité des adolescents sont toujours plus visibles. Ils entrent dans un parcours qui fait d’eux des clandestins. Des proies. Une condition inhumaine dont le film donne, peu à peu, toute la mesure. Avec une rigueur et une sensibilité si éclairantes qu’on a le sentiment de voir cela pour la première fois.
Frédéric Strauss, Télérama

Deuxième film au choix

La Tortue rouge - De Michael Dudok de Wit
Belgique/France – 2016 – 1h21

Présentation du film :

Un homme, rescapé d’un naufrage, se retrouve seul sur une île tropicale. Observé par les crabes et se nourrissant de fruits, l’homme apprivoise son environnement. La végétation de l’île lui permet bientôt de se construire un radeau. Mais ses multiples tentatives pour quitter le lieu sont empêchées par une force sous-marine qui s’en prend à son embarcation. L’homme découvre bientôt que l’animal qui a détruit son esquif est une tortue à la carapace rouge.

Sans qu’y soit ¬prononcé le moindre mot, cette robinsonnade se déploie miraculeusement en un récit palpitant, qui vous cloue à votre siège du début à la fin. Sur un mode quasi ¬épique, les rapports entre un homme rejeté sur une île déserte à l’issue d’un naufrage et la nature environnante, envisagée comme un personnage à part -entière, se voient dramatisés par les seules forces du dessin, des couleurs, du mouvement, de la musique… Et c’est très beau.
Isabelle Régnier, Le Monde.

Voir en ligne : Café des images