Accueil ::> Action Culturelle ::> Les 12 Merveilles d’Avranches

Les 12 Merveilles d’Avranches

lundi 14 décembre 2015, par Emmanuelle NAUDI-MEUDEC, Stéphane Gallon.

QUELLES SERONT LES DOUZE MERVEILLES ?
Dans le cadre d’un projet annuel, deux classes de seconde du lycée Littré ont écouté une dizaine d’intervenants qui leur ont fait part de leurs « coups de cœur » respectifs, de ce qu’ils considèrent, eux, comme les plus belles merveilles d’Avranches et de La Baie.

Il y en avait du beau monde, vendredi matin, au lycée Littré : des historiens, des conférenciers, un architecte, des spécialistes de la faune et de la flore, des présidents et présidentes d’associations culturelles, etc. S’ils étaient tous là, c’était pour aider deux classes de seconde à faire le bon choix. En effet, ces derniers, soutenus par le Conseil Régional, ont décidé de réaliser un petit film d’une douzaine de minutes sur douze merveilles d’Avranches or, après deux mois d’exploration, ce n’est pas douze merveilles qu’ils ont dénichées mais pas de loin quarante… Alors comment choisir ? Lesquelles privilégier ?
Pour les aider à avoir une vision large et intelligente, M. Paquin, architecte du patrimoine, leur a présenté les différentes étapes de la construction de la ville : de l’Avranches romaine à l’Avranches moderne. Passionnant ! M. Levalet, Mme Lemoigne, Mme Lucas, en grands pédagogues, ont, quant à eux, tour à tour parlé de l’ancienne cathédrale, la belle Andrine, de la maison du Doyenné, de l’incroyable et trop peu connue bibliothèque de la Mairie mais aussi de tous ses petits recoins qui n’ont l’air de rien mais qui sont, pour qui a l’âme un peu poète, de véritables enchantements : le panorama de la Tour Bergevin, l’allée des Juges, tel ou tel endroit caché du jardin des Plantes, etc.
Mmes Eudes et Pigeon, de l’écomusée de Vains, ainsi que M. Trublet, de la société d’horticulture, ont ensuite rappelé que certaines des merveilles d’Avranches étaient naturelles, que par exemple, la ville détient un des plus beaux et des plus vieux ginkgos de France, qu’une espèce de moutons, aux oreilles pittoresques, se nomme « l’Avranchin » et qu’au XVIIIe siècle, un Avranchinais a créé une poire appelée « la Louise Bonne d’Avranches ». Sans oublier, le mascaret et tous les animaux migrateurs qui passent dans la baie du Mont-Saint-Michel, qu’ils soient bernaches, phoques ou saumons.
Avec la passion et la compétence qui le caractérisent, le dernier intervenant, M. Leservoisier, deux fac-similés de manuscrits sous le bras, a fait pendant quelques instants s’arrêter le temps en campant devant les élèves un jeune moine copiste du XIe siècle, qui, à la fin de son ouvrage, sans aucun complexe, s’auto-félicite « pour les siècles des siècles », ou un scientifique équilibriste qui, pour mesurer la position d’un astre, se contorsionne à s’en donner un lumbago à vie. « C’est bien la preuve que sciences et humour ne sont pas incompatibles » a conclu M. Leservoisier. C’est cependant M. Riboulet, le proviseur du lycée, qui a eu droit au dernier mot en ne résistant pas à la tentation de préciser que pour lui, la treizième merveille d’Avranches, était évidemment, bien sûr… le lycée Littré.
Alors, quelles merveilles vont choisir les élèves ? La première édition de L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les colonies d’hermelles de la Baie, l’étonnant Cyprès Chauve des Mares, les belles toiles des peintres Bergevin ou Emile Sagot, la coiffe dite « papillon » portée par les Avranchinaises de jadis (suggérées par Julie Romain, la conservatrice du Musée d’art et d’histoire), l’étonnante flore des prés de l’hôpital et la ripisylve de Ponts (défendues par M. Collette de la société ornithologique), la ô combien symbolique Place Patton, les jardins du collectif « incroyables comestibles » dans le quartier de l’Hyvernière (évoqués par Mme Parent, l’adjointe à la culture), la place primordiale de l’eau dans la ville (suggérée par David Nicolas, le maire d’Avranches) ? Bien malin qui peut le dire…
Stéphane Gallon, professeur de Lettres Modernes